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| Dernière mise à jour le 26/08/2010 |
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L’ABANDON DU LIEGE BOULEVERSE LES IDEES RECUES • |
INCIDENCE DE DIFFERENTES OBTURATIONS SUR L’EVOLUTION DE CUVEES DANS LE TEMPS • |
L'ABANDON
DU LIÈGE... POUR LA
PURETÉ DES VINS ! • |
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L’ABANDON DU LIEGE BOULEVERSE LES IDEES RECUES
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L’augmentation incessante des déviations organoleptiques (saveurs et arômes) causée par les bouchons en liège, nous a acculés à remettre en cause notre choix d’obturation des vins en 2002. Il est important de préciser qu’avec leurs cépages aromatiques, vinifiés en général sans boisé, les vins d’Alsace, en particulier le Riesling, sont parmi les plus révélateurs de la moindre influence du bouchage.
La diversification de nos fournisseurs de bouchons et l’achat de qualités toujours meilleures n’y faisaient rien. 10 % des vins étaient touchés par des défauts : 4 % par le « goût de bouchon » aisément reconnaissable et le reste des bouteilles par des arômes voilés et des déviances de goût, que ne décèle généralement que le viticulteur qui connaît sa cuvée et la goûte régulièrement.
Les amateurs de vins ne s’alarmeront pas autant que le viticulteur, parce que leurs dégustations d’une cuvée donnée sont très ponctuelles. Il ne s’agit bien sûr pas de mettre en cause leurs compétences de dégustation. Ne disposant pas de nombreuses bouteilles de référence d’une cuvée, ils mettent souvent les modifications éventuellement décelées sur le compte du vieillissement du vin. Pourtant ils ignorent qu’ils passent à côté du plaisir réel que le vin qu’ils débouchent aurait pu leur procurer. Cette trahison du liège, par rapport à notre travail de viticulteur en amont, nousne l’acceptons plus.
Alors il nous a fallu creuser et déraciner des idées arrangeantes et des clichés concernant le liège, et en particulier qu’il n’est pas si naturel que ça, lorsqu’il obture les bouteilles.
Le liège naturel n’est pas utilisé en l’état. Le lavage ne se fait plus au chlore, mais avec des produits et procédés divers selon les bouchonniers. Même les bouchons non colmatés subissent tous un traitement de surface au silicone, à la paraffine ou au mélange des deux. Faites-en l’expérience. Le seul fait de couler sur des traces de paraffine et de silicone laissées par le bouchon dans le goulot de la bouteille, modifie le vin, par rapport à celui extrait de la même bouteille avec une pipette. Ceci est particulièrement sensible pour les vins contenant du sucre résiduel.
Le liège n’est pas inerte par rapport au vin. Par exemple des polyphénols du liège peuvent précipiter les protéines du vin et ceci d’autant plus que la température du vin augmente.
Devant les fréquences de plus en plus importantes des goûts de bouchon, certains bouchonniers vont soumettre le liège à un traitement spécial pourextraire des molécules (TCA) responsables des goûts de bouchon.
Exit donc le «tout naturel ».
Les bouchonniers, qui ont perdu pour le liège 25 % de la part de l’obturation des vins, proposent depuis plusieurs années des bouchages synthétiques, qui imitent la forme du bouchon en liège. Nous avons expérimenté qu’ils sont poreux dans le temps et qu’ils accélèrent le vieillissement du vin, quand ils ne donnent pas aussi ponctuellement des mauvais goûts. Leur structure chimique, qui est un secret de fabrication, interfère avec les composants du vin, d’une manière non contrôlable. Nous avons fait un test comparatif sur nos cuvées de 2002 entre bouchage synthétique (normacorc) et capsule inox. A l’aveugle, tous les dégustateurs sont unanimes pour préférer les vins issus des bouteilles avec la capsule inox.
Notre choix s’est porté sur une obturation inerte par rapport au vin, ce qui est logique pour un vin naturel issu de culture biodynamique. La contrainte supplémentaire était une étanchéité à l’air dans la durée, pour que le vin mature progressivement avec son propre oxygène, et sans la perturbation d’un apport incontrôlé d’air extérieur. Ceci est d’autant plus important que nos vins voyagent vers d’autres continents et qu’ils sont promis souvent à de longues gardes. La vinification avec peu ou pas de soufre demande aussi des précautions supplémentaires dans la maîtrise de l’étanchéité des bouteilles.
A partir de ce constat, la capsule à vis, qui ne reste pas aussi hermétique à l’air dans le temps, était exclue. D’autres arguments tels que la fragilité et le manque d’esthétique du pas de vis de la bouteille, nous ont confortés dans l’abandon de cette solution.
Le bouchon en verre pouvait être une alternative, si ce n’est que la fragilité et le coût important du procédé pour l’ensemble d’une gamme de vins, nous ont découragés.
Restait le procédé utilisé par les Champenois depuis des décennies. Tout simplement la capsule, mais en inox et avec une languette de polyéthylène non collée, pour l’étanchéité. La bouteille habillée est très esthétique. Il est possible de la décapsuler à l’abri des regards pour garder la discrétion sur cet obturateur original. L’esthétique du col de la bouteille ouverte sur table est identique à celle d’une bouteille de Champagne.
Pour des raisons écologiques, il est important de séparer l’inox et le polyéthylène non collé pour recycler séparément les deux matériaux.
Après 5 millésimes, nous sommes pleinement satisfaits de notre choix. D’autres collègues nous suivent d’ailleurs, lorsque sont aplanies les contraintes liées à l’approvisionnement des bouteilles à couronnes.
Chantal Frick
10/02/08 |
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INCIDENCE DE DIFFERENTES OBTURATIONS SUR L’EVOLUTION DE CUVEES DANS LE TEMPS
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Six dégustateurs expérimentés ont comparé à l’aveugle des couples de vins, dont la seule différence résidait dans le mode de bouchage : liège naturel, bouchon synthétique (normacorc ou gultig) ou capsule inox, selon le cas.
Pour un Chasselas 2001, l’effet d’un bouchon synthétique (normacorc) était confronté à celui d’un liège naturel, en bon état.
Les dégustateurs ont tous constaté une évolution plus importante avec le bouchage synthétique. Le nez était marqué par la cire, la bouche était asséchante, avec un ensemble assez monolithique. En revanche, avec le liège naturel, les arômes sont restés frais et fruités, la bouche est fraîche et expressive avec des notes d’agrumes.
Le Gewurztraminer 2001 Grand Cru Eichberg était comparé avec une version liège naturel en bon état (pas de remontée de vin autour du bouchon) et une version capsule inox.
Tous les dégustateurs étaient unanimes pour préférer la version avec la capsule inox. L’obturation avec liège donnait des arômes fermés, peu expressifs et un palais terne avec une attaque molle et une finale un peu amère. La version avec capsule inox dévoilait des arômes fins, d’agrumes et d’épices, avec une bouche droite, fraîche, ample et longue.
Le Gewurztraminer 2002 Grand Cru Eichberg était obturé soit avec un bouchon synthétique gultig, soit avec une capsule inox.
La préférence des dégustateurs est allée unanimement à la version avec capsule inox. Avec le bouchon synthétique, le Gewurztraminer trahissait une fatigue, avec des arômes jugés plutôt évolués, ternes, de fruits cuits et de cacao. La bouche était pâteuse, marquée par l’alcool et l’amertume. Par contre le vin fermé avec capsule avait un nez fin, exotique et frais, qui se poursuivait avec un palais tout aussi précis, concentré avec des notes de pêches, de fruits exotiques et une belle fraîcheur.
Le Pinot Gris 2002 Vendange Tardive, fermé soit avec bouchon synthétique gultig, soit avec capsule inox, a apporté la même conclusion : une préférence unanime de la version avec capsule. Le vin fermé avec le bouchon synthétique paraissait plus âgé, avec des notes quetsche et d’eau de vie et peu de lumière. La bouche était puissante, lourde, marquée par le sucre résiduel. La version avec capsule, un peu fermée au nez dans un premier temps, développait ensuite des arômes d’épices, de figues. Le palais était jugé plus racé, fin, droit, riche avec une belle fraîcheur.
Le Gewurztraminer 2002 Vendange Tardive Grand Cru Steinert était préféré (à l’exception d’un dégustateur) avec version capsule, plutôt qu’avec l’obturation avec le bouchon synthétique normacorc. En effet avec le bouchage synthétique rendait le vin plus évolué, mais avec une réduction, le palais était moins élégant, marqué par l’alcool et une pointe d’amertume. Avec la version capsule, le vin demandait un peu d’aération pour développer des arômes frais d’agrumes et d’épices. La bouche puissante finissait nette et fraîche.
Le Riesling 2001 Sélection de Grains Nobles était comparé en version bouchon synthétique ou capsule inox. A l’exception d’un dégustateur, la version avec capsule a été mieux appréciée. La bouteille avec bouchon synthétique était jugée globalement plus évoluée avec des arômes métalliques, des notes d’eau de vie. Le palais semblait un peu décousu. La version avec la capsule donnait des arômes discrets, mais agréables, une bouche plus minérale, fraîche et équilibrée.
Cet atelier de comparaison, mené en 2006, semble mettre en évidence l’importance de la maîtrise de l’entrée d’air extérieur pendant la maturation du vin en bouteilles. Plus la porosité est incontrôlée (bouchon synthétique, liège poreux) plus le vin évoluera vers un vieillissement prématuré, et cela d’autant plus que le soufre libre est bas.
Chantal Frick
10/02/08
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L'ABANDON
DU LIÈGE... POUR LA
PURETÉ DES VINS !
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La
vulgarisation du bouchon
de liège se fit entre
les deux guerres mondiales.
Auparavant la consommation
de vins bouchés était
réservée à une
minorité fort aisée.
En 1930 César Frick
vendait la moitié de
sa récolte en petites
barriques « consignées » aux
restaurants et Winstub (tavernes
bar à vins) de Mulhouse
et de Colmar. La première
semaine d’ouverture
un beau vin coula de la
barrique, un vin passable
la semaine suivante et un
breuvage médiocre
en finale. Les avancées
technologiques conjuguées à l’élévation
du niveau de vie permirent
la quasi généralisation
de la mise en bouteilles.
Que de vins furent ainsi
soustraits à l’oxydation
et à la piqûre
acétique. Les sols,
l’eau et l’air
des régions productrices
de liège étaient
moins pollués qu’aujourd’hui
et la production mondiale
de vins, donc la demande
de bouchons, étaient
bien plus réduites.

Les vins oxydés
ont disparu,
mais trop
de bouchons altèrent
en permanence
les vins de toute origine. La
dîme est de retour
encomptant
les bouteilles
imbuvables et celles sournoisement
voilées
et dénaturées.
Les demi-bouteilles,
les cépages «sensoriels » tels
le riesling ou
les vins à faible
teneur en soufre
peuvent être
soumis à un tribut
encore plus important.
Pour vous et nous épargner
ces « déboires »,
nous avons remplacé à partir
de la récolte 2002
le bouchon de
liège
par des capsules
couronne en inox. L’étanchéité est
assurée par un joint
en polyéthylène.
Ce matériau est apprécié dans
la branche agro-alimentaire
depuis des décennies
pour ses remarquables
qualités
de stabilité et de
neutralité. De plus,
en brûlant, il ne donne
que l’inoffensive vapeur
d’eau.
Le bouchon synthétique
n’est adapté qu’aux
vins de consommation rapide.
Au-delà d’une
garde de deux à trois
ans apparaissent des fluctuations
de vieillissement d’une
bouteille à l’autre. La
capsule couronne en inox
se prête à la
longue garde. Sur
table la bouteille respecte
bien plus l’esthétique
classique que les bouteilles
pourvues de capsules vissées.
Le « plop » en
tirant le bouchon peut animer
le pique-nique. Toutefois les élèves
sommeliers apprennent à déboucher
délicatement, sans
bruit, pour éviter
une dépression dans
la bouteille à l’ouverture.
Emile Peynaud, grand professeur œnologue,
démontra il y a 30
ans déjà, que l’oxygène
contenu dans
le vin lui-même
suffisait amplement à sa
maturation. Aujourd’hui
encore certains
viticulteurs
appliquent de la cire sur
les bouchons de leurs vins
de garde. Celle-ci limite
l’entrée
d’air
consécutive au déclin
progressif de
la souplesse
et de l’étanchéité du
bouchon. Chaque année
depuis 50 ans
déjà,
plusieurs centaines de
millions de bouteilles
de Champagne
et de Crémant
sont obturées avec
une capsule. Le
bouchon de liège n’est
mis que lors
du dégorgement
peu avant la
commercialisation.
Les Champagnes millésimés
mûrissent de nombreuses
années sous capsules
avant leur commercialisation.
Leur dégustation illustre
bien que la capsule
n’inhibe
pas la maturation
des vins.
Désormais, chaque
bouteille d’une
même cuvée
exprime la
véritable
nature du vin. |
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| Pour
aller plus loin,
vous pouvez consulter
ces articles : |
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