DSelon
les années, les vendanges commencent entre
le 15
septembre et le 15 octobre. Millésime après
millésime,
nos vignes affichent une maturité supérieure à la
moyenne grâce à un rendement maîtrisé et à l’absence
de produit anti-pourriture.
La récolte peut s’étaler sur
plus de deux mois avec des interruptions.
Les raisins destinés à l’élaboration
du Crémant sont
récoltés en premier. Suivent les
Muscat et Pinot Blanc afin de
préserver une belle fraîcheur et
des arômes primaires (du fruit).
Puis c’est le tour des raisins pour les
vins classiques, les cuvées
précieuses et finalement les Grands Crus.
Les Vendanges
Tardives et Sélections de Grains Nobles
sont récoltées par
tris lorsque la pourriture noble s’est développée.
Nos vendangeurs habitent dans la proche
région. Cela nous
permet de récolter à la carte et
exclusivement par temps
sec. La machine à vendanger gagne du terrain
en Alsace,
elle permet de diviser le coût de la récolte
par deux (750 €/
ha au lieu de 1 500€ en manuel).
Le vécu social pendant les vendanges et
la recherche qualitative
par de nombreux tris des raisins excluent
pour
nous l’utilisation d’une machine à vendanger.
De plus elle
est le « Cheval de Troie » de la pharmacopée
oenologique
dans la vinification des vins blancs.
Pressurage
Nous pressons les grappes entières sans
foulage préalable.
Les pressoirs pneumatiques limitent
considérablement
la trituration, la production de
bourbes et les
faux goûts. Chaque pressée dure
au moins 5 heures
avec seulement trois ou quatre émiettages
des marcs.
Débourbage
Nous laissons décanter le jus de raisin
statiquement
pendant une nuit, sans adjonction
de soufre, d’enzymes
ou de bentonite. Le matin suivant
nous séparons les
98 % de jus clair des 2% de jus trouble
(bourbes). Le
jus clair est pompé dans le foudre où il
fermentera.
Enrichissement
L’éthique du vin demanderait une
baisse contrôlée des
rendements pour une concentration
naturelle du vin.
Le marché et l’économie favorisent
au contraire l’enrichissement
par adjonction de sucre (chaptalisation)
et plus récemment l’enrichissement
par les méthodes
soustractives. L’osmose inverse et l’évaporation
sous
vide (le jus bout à 19° C à une
pression de -1 bar)
éliminent une partie de l’eau du
moût de raisin en
recourant à des technologies lourdes.
En 1980 la majorité de nos cuvées
portait déjà les initiales
N-C (non chaptalisé) sur l’étiquette.
A partir de
1988 plus un seul vin n’est chaptalisé.
Levures et fermentations
Des siècles durant, les jus fermentaient
avec leurs
propres levures et devenaient
joyaux ou médiocres
breuvages. Pourtant la médiocrité n’incombait
pas aux
levures, mais aux raisins immatures,
au manque d’hygiène
et de suivi des jeunes vins.
Deux décennies de
déstabilisation des vinificateurs ont
conduit à l’usage
quasi-généralisé des levures
sélectionnées et multipliées
en laboratoire. Non contents
des sélections antimousse
- à haute expression aromatique - à hauts
rendements
alcooliques, etc. …des travaux sont en
cours
pour modifier génétiquement des
levures.
La vigne croit entre ciel
et terre. Sol, sous-sol mais
aussi la pruine et ses levures
sur les baies de raisin
constituent le Terroir. Pour
nous, la viticulture biodynamique
et la recherche d’expression de terroir
sont indissociables des levures
indigènes.
Arrêts de fermentation
Certaines de nos cuvées n’ont pas
achevé leur fermentation
en décembre. Nous ne chauffons pas pour
autant et n’ajoutons pas de levures « finisseuses »,
mais
ouillons simplement les foudres en
question. Au printemps
ces fermentations reprennent, quelquefois
doublées
de la fermentation malo-lactique
L’autolyse naturelle des levures du vin
non soutiré restitue
les conditions nécessaires à la
fermentation. Ainsi
la Nature offre six mois plus tard
ce que la pharmacopée
oenologique voulait vite forcer.
Le soutirage
Pendant la phase tumultueuse
de la fermentation, les
foudres ne sont pas pleins, pour éviter
leur débordement.
De nombreux vins secs terminent
leur fermentation alcoolique
en deux ou trois semaines. Environ
10 jours plus
tard, la protection du gaz carbonique
produit par la fermentation
s’estompe, l’oxydation du vin menace.
C’est
le moment de soutirer : transvaser
le jeune vin encore
trouble (généralement en l’aérant),
dans un autre foudre
de taille plus réduite qui sera plein
jusqu’à la bonde. Le
vin se clarifie progressivement
par sédimentation et reposera
ainsi jusqu’à la mise en bouteille.
Selon leur évolution,
certains vins demandent une aération pendant
cette phase de maturation. Elle
se fait par passage sur
des vasques de dynamisation spécifiques.
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