Le
matérialisme a marqué la viticulture
par la mécanisation, par les engrais chimiques,
les désherbants et autres pesticides,
qui ouvrirent l’ère de la productivité agricole
dans les années 1960. La vision à court
terme, les gains de temps, d’argent et
de confort régissent le «développement» agricole.
Gagner du temps, mais à quel prix ? Nitrates et herbicides se retrouvent
dans l’eau que nous buvons ! Pour préserver la Terre et
ses micro-organismes, il ne faut pas consacrer moins, mais plus de temps
et de travail ! Le dicton : «On ne commande la nature qu’en lui
obéissant» est
au coeur de l’agriculture durable.
Le modèle agricole dominant accélère la désertification
des zones rurales, creuse le déséquilibre entre les pays du nord
et du sud, consomme de plus en plus d’énergie et dégrade
les sols, l’eau, l’air, les paysages. Le productivisme rompt des équilibres
faunistiques et floristiques et rend l’agriculture toujours plus dépendante
des pesticides. Quelle qualité alimentaire, quelles forces vitales, quelles
impulsions sociales apportent ces denrées aux caractères organoleptiques
standardisés ?
Timidement après les secousses de Mai
68, presque en force aujourd’hui, après
les scandales de la vache folle,
de la dioxine et autres dérives, une nouvelle
génération
de vignerons, particulièrement ceux en
bio et en biodynamie, essaie de retrouver
consciemment le fil d’un savoir-faire. Elle
s’attelle à vivifier la terre des
coteaux viticoles et élever des vins vivants
d’une dimension mythique et artistique.
La viticulture « bio » raisonne
globalement les interactions Terre-Eau-Plante-Air-Flore-Faune.
Elle travaille non pas à combattre les « ennemis » de
la vigne, mais à recréer des équilibres, à activer
la vie du sol, à renforcer la résistance
des plantes et à soutenir les cycles naturels. La
viticulture «bio» s’efforce
de comprendre le sens et la portée de
toute pratique agricole en lien avec tous les
maillons de l’écosystème. Cette
compréhension s’éclaire par
la sagesse ancienne autant que par les connaissances
les plus récentes.
La viticulture biologique est réglementée.
Les vignerons souscrivent à des cahiers
des charges homologués par le Ministère
de l’agriculture. Ils s’engagent
ainsi à pratiquer une culture
sans engrais chimiques, sans herbicides et sans
produits chimiques de synthèse. Ils se
soumettent à des contrôles réguliers. |
En
1970, la formation et le conseil en matière d’agriculture
biologique étaient rares. La maison Lemaire-Boucher
avait un réseau de conseillers-vendeurs
de leurs produits. Leurs conseils agronomiques étaient éclairés,
mais l’usage préconisé des
algues calcaires inapproprié à nos
sols au pH de 8 ou plus. Nos vignes n’atteignaient
pas l’équilibre que nous souhaitions
et restaient très sensibles au parasitisme.
En nous tournant vers la Suisse et
l’Allemagne,
nous avons découvert la bio-dynamie
et suivi des formations. Puis nous avons
adhéré au syndicat d’Agriculture
Bio-dynamique. Appliquant les préparations
bio-dynamiques à partir de 1981,
nous avons obtenu la première
certification Demeter en 1986. François
Boucher, alors le seul conseiller en
viticulture biodynamique, nous rendait
visite dans le cadre des contrôles-conseils
du syndicat de Bio-dynamie et de
Demeter.
L’application de cette approche
plus globale de la vie du sol et de la
vigne préconisée par la
bio-dynamie a transformé notre
vignoble. Le cycle végétatif
de la vigne s’est mieux harmonisé.
Elle s’est montrée moins
sensible à la pourriture grise
et aux vers de la grappe. Le meilleur équilibre
de la plante est propice à une
belle maturation des raisins et à l’obtention
d’une meilleure qualité des
jus (densité, équilibre,
minéralité, vitalité).
Les vins ont révélé de
ce fait plus de profondeur et une
plus grande expression du terroir.
La Biodynamie est une voie d'avenir pour l'agriculture
en général.
Pour approfondir, consultez le site internet
de la Maison de la Biodynamie : www.bio-dynamie.org |